Pourquoi l'égalité des chances reste-t-elle un mythe ? L'autre Assemblée

1 avril 2026

Présentation du rapport annuel du CESE sur l’égalité des chances, du rôle institutionnel du Conseil et des premiers constats 2025 sur le déterminisme social, le pessimisme et la défiance envers les politiques publiques.

Pourquoi l'égalité des chances reste-t-elle un mythe ? L'autre Assemblée

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Intervenant 1
Vous écoutez le podcast L'autre Assemblée, bienvenue.  Chaque année, le CESE présente au gouvernement et au Parlement son rapport annuel sur l'état de la France, une sorte de radiographie de la société, un miroir tendu au pays par les organisations de sa société civile qui constatent ce qui a bougé en un an et ce qui pourrait, devrait changer.  Le dernier rapport remis en octobre 2025 se concentre sur la question des inégalités.  Et parmi les invités lors de sa présentation, la politiste Agathe Cagé.  J'aimerais qu'on écoute pour introduire cet épisode. 

Agathe Cagé était assise ici où nous sommes aujourd'hui, sur l'estrade dans l'hémicycle et face aux membres du CESE installés en demi-cercle autour d'elle, elle avait parlé d'une France empêchée, d'un pays où les Français ont de moins en moins de prise sur leur avenir, où ils ont le sentiment non pas d'avoir un avenir, mais d'avoir un destin.  Quelque soit la manière dont j'agis aujourd'hui, disait-elle, ce que je vais devenir, ce que mes enfants vont devenir, est fixé.  Elle poursuit ensuite. 
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Intervenant 3
Dans cette France-là, dans notre France de 2025, j'ai envie de dire pour reprendre le titre du rapport, que l'égalité des chances n'est pas une réalité.  L'égalité des chances n'est pas non plus un mythe, mais d'une certaine manière, l'égalité des chances est en train de devenir un miroir aux alouettes.  De plus en plus aujourd'hui, on se rengorge de nos transfuges de classe.  Je pense qu'on devrait au contraire s'inquiéter de la place que cette notion a prise dans notre débat public.  Alors bien sûr, on ne peut que se réjouir, je prends qu'un exemple parce que c'est une personnalité pour laquelle j'ai énormément d'admiration, on ne peut que se réjouir qu'Annie Ernaux, née à Lillebonne, qui a raconté sa trajectoire personnelle, soit devenue récipiendaire du prix Nobel de littérature à Stockholm. 

Mais en réalité, nos transfuges de classe sont des exceptions consolantes.  Cette expression n'est pas de moi, je l'emprunte à Jean-Paul Delahaye.  Et ces exceptions consolantes ne consolent de quoi ?  Du fait que nous étions hier le grand pays des classes moyennes, c'est-à-dire un grand pays de mobilité sociale ascendante, et que nous sommes devenus aujourd'hui le grand pays des classes figées. 

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