Loi d’urgence agricole : audition des syndicats agricoles
15 juin 2026
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Sommaire mis à jour le 15 juin 2026
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Public Sénat
00:00 - 00:35
Intervenant 2
Bonjour à tous, très heureux de vous retrouver sur Public Sénat pour un nouveau numéro de 100 % Sénat, l'émission qui vous fait vivre les travaux de la Haute Assemblée. Les sénateurs examinent le projet de loi d'urgence agricole, un texte qui est censé répondre à la colère des agriculteurs de ces derniers mois. Ce projet de loi porté par le gouvernement facilite notamment le stockage de l'eau pour les exploitations agricoles, tout comme l'agrandissement des élevages. Pour en parler, les sénateurs ont auditionné les syndicats agricoles.
00:37 - 03:46
Intervenant 1
Clairement, nous, vous le savez, on est un syndicat agricole qui défend, qui défendons l'agriculture paysanne comme projet de société. Je pense que c'est bien ça qu'on doit avoir en tête, c'est que l'agriculture doit être un projet de société et donc répondre à des enjeux fondamentaux qui sont en particulier la souveraineté alimentaire telle que nous on l'entend et telle qu'elle est définie par la Via Campesina, c'est-à-dire le droit des peuples à choisir leur alimentation et leur agriculture, une alimentation de qualité qui doit préserver la santé et l'environnement. Je pense que pour nous c'est une boussole majeure, c'est une boussole importante parce que le métier de paysan c'est bien sûr ça, fournir une alimentation et pas être en contradiction avec l'intérêt général et l'intérêt des citoyens et des citoyennes. Et au regard de cet objectif-là, nous la proposition du projet de loi d'urgence agricole, on estime qu'il va à l'encontre de ces objectifs et qu'il organise et qu'il est en train d'organiser des conflits d'usage, des conflits d'intérêt entre l'agriculture et les citoyens et citoyennes. On le voit, j'en reparlerai, sur l'eau, on était mobilisés nous à Rennes, on était plus de 5000 à crier que non, on ne veut pas que les captages d'eau soient pollués par les pesticides parce que un, ça impacte directement les paysans et les paysannes, mais aussi les citoyens et citoyennes.
Et j'y reviendrai, mais vous, élus issus des territoires, vous avez une responsabilité vis-à-vis des citoyens et citoyennes, en particulier sur la qualité de l'eau. En tout cas, voilà nous pour la genèse aussi de cette loi d'urgence qui est née des colères agricoles, ne répond pas clairement à l'origine de ces colères. Rappelez-vous, une problématique sanitaire, c'est ça qui avait mobilisé fortement les agriculteurs et on était nombreux dans les campagnes, et une anxiété sur notre devenir, une anxiété sur notre capacité à rester paysans et paysannes demain sur un modèle transmissible. Je le dis avec ce mot-là, un modèle transmissible à taille humaine, parfois familial, pas toujours, mais en tout cas un modèle qu'on puisse transmettre aux futures générations. Nous l'anxiété qu'on a ressentie dans les campagnes, c'est celle de jeunes, et il y avait des lycées qui étaient mobilisés, qui nous disaient mais demain, est-ce qu'on ne sera pas intégrés à une financiarisation accrue de l'agriculture ?
Et donc c'est ça qu'a soulevé les mobilisations et le texte était, enfin la proposition de loi était censée répondre à ça et force est de constater que c'est absolument pas le cas. Parce que oui, il y a des urgences, mais en tout cas c'est clair que pour nous elle ne, cette loi ne répond pas à ces urgences. Est-ce qu'elle répond aux difficultés sanitaires, j'en ai parlé, ben je pense pas, en fait en tout cas à la nécessité de résilience des filières, c'est ça qu'a révélé la crise de la DNC en fait, c'est que nos filières sont fragiles de par leur dépendance aux exportations. Est-ce qu'elle répond à l'hétérogénéité des revenus ? Ben j'ai pas l'impression, enfin en tout cas on pourra en parler, il y a des pistes, on, j'y répondrai sur les tunnels de prix, les prix planchers qui sont intéressantes, mais enfin en tout cas pas assez contraignantes pour que ça soit efficace et pertinent dans les cours de ferme.
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