"Arrêtez de dire que nous avons créé un permis de tuer" : la réponse de Laurent Nuñez à LFI
21 juillet 2026
Sommaire mis à jour le 21 juil. 2026
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LCP - Assemblée nationale
00:00 - 02:08
Intervenant 3
Monsieur le ministre de l'Intérieur. 725 000 personnes ont signé à ce jour la pétition contre la présomption de légitime défense pour les forces de police et de gendarmerie. 725 000 en quelques semaines. Mais pour le gouvernement, rien n'est plus urgent en plein été que de convoquer un 21 juillet à 21 heures la commission des lois dans le but d'enterrer cette pétition et d'empêcher son examen en séance à la rentrée. Le 49.3, les votes bloqués en rafale ne vous suffisent plus.
Il faut, en espérant que ça passe inaperçu, tout faire pour tenter de faire taire les centaines de milliers de voix qui s'élèvent contre cette attaque d'une gravité extrême contre la démocratie. Car enfin, de quoi parle-t-on ? On parle d'une mesure directement empruntée à Jean-Marie Le Pen, au Rassemblement national dont vous êtes désormais les pantins et qui bien sûr se réjouit bruyamment. Et on comprend pourquoi. Vous accordez de fait une impunité aux forces de police et de gendarmerie.
Faut-il rappeler que depuis la loi Cazeneuve de 2017, le nombre de personnes tuées par des policiers a été multiplié par cinq rien qu'en cas de refus d'obtempérer ? Et il n'y a pas que dans ces cas. Pour notre part, nous n'oublions pas et nous n'oublierons jamais Adama, Nahel, Souheil ou dans ma circonscription Zyed et Bouna et plus récemment Killian, tué de douze coups de taser à Montfermeil. Et nous n'oublions pas parce que c'est une même logique, la brutalité avec laquelle les manifestations sont quasi systématiquement réprimées. Monsieur le ministre, comment appelle-t-on un régime qui fait bénéficier ses forces de répression de mesures d'exception ?
Il y a des faits qui en disent long. L'un de vos prédécesseurs, Gérald Darmanin, était en 2021, et il n'était pas le seul, aux côtés des policiers qui manifestaient devant l'Assemblée en scandant notamment : "Le problème de la police, c'est la justice". Monsieur le ministre, soyez-en convaincu, vos manœuvres ne feront pas taire le refus. Le 19 septembre, à l'appel du collectif Stop aux violences d'État, une manifestation nationale aura lieu à Paris pour le retrait de votre loi. Toutes celles et ceux qui ne veulent pas vivre sous des mesures d'exception, toutes les forces associatives, syndicales ou politiques attachées tout simplement à la démocratie ont leur place.
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