Gilbert Collard : «Les opinions de Xenia Fedorova ne portent pas atteinte aux intérêts de la nation»
31 juillet 2026
Sommaire mis à jour le 31 juil. 2026
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CNEWS
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Intervenant 1
C'est un c'est un tournant évident dans la mesure où grossièrement, et ça il n'y a que les juristes qui peuvent le voir, grossièrement on utilise l'article 410-1 du code pénal sur les atteintes fondamentales aux intérêts de la nation pour porter atteinte à la liberté d'expression et soumettre Xenia Fedorova à des mesures de coercition graves : un gel des avoirs, obligation de se présenter au commissariat, assignation à résidence, bon, parce qu'elle a exprimé des opinions. Or quand on quand on regarde ces opinions, on ne voit pas en quoi elles porteraient atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation qui concernent l'intelligence avec l'ennemi, l'espionnage, etc, etc. Bon donc on utilise pour la grossièrement, sans que ça n'émeuve personne, bien au contraire même parce que les les cavaliers habituels des droits de l'homme se satisfont de cette décision sans se rendre compte du reste que demain il y aura le feu chez eux comme d'habitude. Bon et et c'est d'une gravité inouïe d'autant plus que dans le viseur, moi je suis désolé mais je le dis comme je le ressens, il y a il y a CNews bien évidemment. Bon alors c'est quand même effrayant de voir que dans un pays qui a cultivé les droits de l'homme, qui qui depuis Voltaire fait de la liberté d'expression une des conditions de de de la vie démocratique, la liberté d'expression elle est quand même l'instrument qui a fait la révolution, si on s'est battu pour ça hein, faut pas l'oublier, bon et tout au long de notre histoire on s'est battu pour la liberté d'expression et maintenant avec les gants blancs maudits de la loi on étrangle la liberté d'expression.
Moi j'ai assisté à un débat, je vous le rappelais hier, sur CNews entre Xenia Fedorova et Nolo. Nolo n'était absolument pas d'accord avec elle, il lui a dit et elle a répondu, mais il y avait une opposition, il y avait une opposition libre. Alors on ne peut plus parler, on ne peut plus échanger, et je rappellerai quand même quelque chose d'essentiel pour la discussion c'est que Simone Weil la philosophe, quand on l'interrogeait sur la liberté d'expression, elle qui avait tant souffert du nazisme, disait : "Il faut qu'elle soit totale, absolue", c'est les termes qu'elle employait hein, "totale, absolue, sinon", et tout est bien, "il n'y a plus d'intelligence". Voilà, dès l'instant où on ne peut plus débattre, dès l'instant où on ne peut plus être en désaccord, il n'y a plus d'intelligence, c'est c'est la cécité de la pensée et c'est ce que veulent tous ces fonctionnaires de la pensée : mettre des menottes aux mots, voilà.