Amine Elbahi : «L'État n'a pas à protéger une femme qui a renoncé à l'exercice de sa liberté»
3 septembre 2026
Sommaire mis à jour le 3 sept. 2026
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Effectivement, il y a en ce moment même dans le monde un certain nombre de femmes qui se battent pour ne pas porter le voile. Je pense à ces femmes en Iran, je pense à ces femmes en Afghanistan. Mais je veux dire à toutes celles et ceux qui nous écoutent ce soir que la situation vécue dans les pays qui se trouvent en dehors de la France, dans les pays étrangers, est totalement différente de la situation que nous vivons ici en France. Alors, à mes yeux, le sujet du voile pose plusieurs questions. Et je ne serai pas de ceux qui vous diraient de manière nauséabonde : liberté de choix.
La liberté de choix, en réalité, n'existe pas, en tout cas pas avec la même intensité. Le choix ne doit pas être sacralisé. Il dépend de votre lieu de résidence, il dépend de la densité migratoire, il dépend des groupes sociaux, il dépend des comportements des hommes dans la société. Et vous avez peut-être moins de risques d'être incitée à porter le voile dans les campagnes de la Creuse, de l'Aveyron, que dans un quartier communautarisé, ghettoïsé comme à Roubaix. Alors, vous dire simplement une chose, c'est que moi je considère que l'État n'a pas à s'immiscer dans la liberté individuelle.
L'État n'a pas à protéger, dans la conception matérielle de l'ordre public, l'État n'a pas à protéger une femme qui a elle-même renoncé à l'exercice de ses libertés individuelles. C'est en cela que je ne suis pas d'accord avec l'interdiction et la prohibition générale et absolue d'interdire le port du voile dans l'espace public.