"Ce sont souvent des garçons victimes d'autres garçons"

25 août 2026

Public Sénat

00:00 - 01:23
Intervenant 1
On ne devient pas extrémiste en lisant simplement des pamphlets extrémistes.  Il y a un ensemble d'expériences dans les trajectoires de vie qui viennent façonner, qui viennent façonner des dispositions chez les individus qui facilitent l'adhésion à des discours radicaux et en particulier ici masculinistes.  Ce sont des adolescents qui vont souvent être déscolarisés et qui vont s'enfermer, on va dire, dans leur chambre et qui vont grandement investir l'espace numérique.  Et c'est dans ce type de situation, pour notre part, que l'on retrouve les colorations masculinistes les plus importantes en matière de radicalité.  Par exemple, il est vrai que dans les situations sur lesquelles nous travaillons, le harcèlement scolaire est présent, notamment chez les adolescents, la place de l'isolement social, la place des difficultés familiales. 

Et plusieurs intervenantes que vous avez auditionnées l'ont souligné, hein, je cite Christine Bard, hein, qui rappelait que les idéologies masculinistes captent des hommes, des garçons faciles à manipuler alors qu'ils traversent des moments insécures de leur existence.  Avec néanmoins ce paradoxe-là, parce qu'on pourrait tout de suite basculer dans l'idée de la crise de la masculinité, qui est une construction théorique, qui est une construction idéologique, hein.  Là, le paradoxe, et c'est ce que dit Francis Dupuis-Déri, c'est qu'on a souvent nous des garçons qui sont victimes d'autres garçons, victimes de violences d'autres garçons et qui transforment le fait d'être exposé à la violence des autres garçons en une haine dirigée contre les femmes parce qu'ils vont s'inscrire dans des modèles de masculinité hégémonique violents.  Et donc c'est une réponse paradoxale qu'ils trouvent parfois dans ce type de situation.