Bruno Bartocetti : «Aujourd’hui, quand on est flic, on tait sa profession»
13 août 2026
Sommaire mis à jour le 13 août 2026
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Intervenant 2
Mais c'est exactement ça. Vous imaginez un déplacement lorsque un policier doit quitter ses fonctions dans une ville, et bien il se transporte à 40, 50, 100 kilomètres avec sa famille. Vous imaginez le changement pour les enfants, pour la femme, les habitudes, le travail. C'est quelque chose de très difficile. C'est une pression supplémentaire sur les épaules parce qu'on a cette pression aussi juridique, on a cette pression aussi qui s'exerce sur nous parce que dès que l'on fait un geste, et bien on essaie de retourner la situation sur nous alors que nous faisons notre travail.
C'est très très compliqué de travailler dans ces conditions. Et je pense à mes collègues bien sûr de terrain qui sont exposés, qui prennent des risques au quotidien. Et puis je pense aussi aux enquêteurs qui sont à bout de souffle, qui travaillent dans des conditions également difficiles. C'est le travail de l'ombre, c'est le travail qu'on ne cerne pas. Et puis quand vous êtes policier dans une ville comme Alès où vous avez 45 000 habitants, vous allez au cinéma avec votre famille et bien dans une autre ville parce que vous n'avez pas envie de croiser finalement ces voyous en plein centre-ville.
Voilà comment on vit aujourd'hui quand on est flic. Aujourd'hui quand on est flic, et bien on tait sa profession et on dit aux enfants de surtout ne pas parler de la profession des parents. Voilà la situation dans laquelle on se retrouve aujourd'hui dans notre société. Alors c'est bien de venir soutenir le maire d'Alès qui au passage, je vous rappelle il y a quelques mois, disait que tout se passait bien à Alès, qu'on en faisait trop, qu'il n'y avait pas un trafic important à Alès. Vous avez cinq-six points de secteur très très importants de deal à Alès et des menaces à l'endroit des policiers, c'est pas d'aujourd'hui.
Des règlements de comptes, il y en a depuis très longtemps. Personne ne découvre ce qui se passe aujourd'hui à Alès. Ça fait très longtemps que ça dure avec des gangs qui sont en place depuis bien longtemps avec un trafic très juteux, très très juteux. Et bien sûr on sait qu'il y a beaucoup de consommation, donc beaucoup de vente.
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