Jean-Baptiste Kane : «Laurent Nuñez est prisonnier d’une forme d’impuissance étatique»
13 août 2026
Sommaire mis à jour le 13 août 2026
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Intervenant 1
Je parle de déception parce que le propre du dialogue social, c'est justement de trouver une sortie par le haut, en bonne intelligence, d'arriver à se dire les choses de façon concrète, fluide et avec un maximum de sincérité. Et on se rend compte que cette transparence, elle est très difficile à entendre et à accepter pour nos gouvernances. Donc moi, je reproche pas à Monsieur Nuñez d'avoir les propos qu'il tient aujourd'hui parce qu'en fin de compte, si on regarde bien, c'est quelqu'un qui est prisonnier d'une forme d'impuissance étatique par rapport à notre organisation. Et quand je dis notre organisation, c'est notre organisation politique. C'est-à-dire que très clairement, il y a ce qu'on appelle la libre administration des collectivités territoriales qui vient faire un petit peu le deuxième parent de la sécurité civile.
C'est-à-dire que nous, en tant que pompiers, on rencontre d'une part à notre collectivité territoriale qui est notre employeur, donc celui qui met à disposition des moyens, et d'autre part à l'État qui porte une politique en matière de sécurité civile, dont fait partie la Direction générale de la sécurité civile qui peut promouvoir un certain nombre d'ambitions, de projets et d'annonces. Encore faut-il que la collectivité territoriale en question ait les moyens de transformer cette intention en des actes concrets. Et là où le bât blesse, c'est que quand on regarde les mécanismes de financement qui sont à la portée de ces collectivités, on se rend compte que les vases communicants sont très faciles à niveler, ce qui fait que quand bien même, je vais prendre l'exemple des cagoules puisque c'est celui qui a été évoqué de façon un petit peu provocante, mais assez révélateur, et tellement révélateur. Exactement, exactement. Ce qui se passe, c'est que sur le cas de la cagoule, l'État peut ordonner qu'il faille que les pompiers soient dotés de cagoules.
Si les collectivités n'ont pas les moyens d'acheter ces cagoules ou disent ne pas les avoir, l'État ne peut pas intervenir et forcer une collectivité à cracher du budget.