Intelligence artificielle : Dominique Voynet alerte sur une presse "sans journalistes" - 1/07/2026

1 juillet 2026

LCP - Assemblée nationale

00:00 - 02:04
Intervenant 3
Monsieur le Premier ministre, j'ai écouté avec attention votre intervention en amont de VivaTech consacrée à l'intelligence artificielle.  Vous y dites des choses sensées.  L'IA bouleverse et bouleversera plus encore demain notre manière de produire, d'apprendre, de nous informer et même de penser.  D'un ton martial, vous affirmez veiller à ce que cette révolution technologique profite aux Français, à ce qu'elle ne menace pas notre souveraineté car, je vous cite, ce qui se joue, c'est la protection de nos valeurs démocratiques.  Faut-il écouter les discours ou regarder les actes ? 

La question est posée quand quelques députés du groupe Renaissance déposent 116 amendements sur l'article unique d'une proposition de loi votée à l'unanimité au Sénat, inscrite de la niche GDR, pour empêcher l'adoption d'une présomption d'utilisation des contenus culturels par les fournisseurs d'IA.  Je m'interroge, Monsieur le Premier ministre, sur cette complaisance extraordinaire envers les tycoons français de l'IA pour lesquels toute régulation bride l'innovation et sur l'indifférence du gouvernement face aux impacts sociaux et environnementaux de l'IA dans la presse par exemple.  Propriété du Crédit Mutuel, EBRA est le premier groupe de la presse quotidienne régionale en France : l'Est Républicain, le Progrès, le Bien Public, les DNA.  Au Moyen Âge, en novembre 2023, le groupe a souhaité expérimenter l'IA dans le travail des rédactions.  Moins de trois ans plus tard, un plan social de 400 personnes, dont la moitié dans les équipes de rédaction, a été annoncé au cours d'une réunion extraordinaire du CSE du groupe. 

La raison, qui peut s'agir aussi d'un prétexte comme le suggère une note de la Direction générale du Trésor, c'est la volonté de généraliser le recours à l'IA et dans le même mouvement celui des grands modèles de langage et de l'IA générative.  Faut-il accepter que les tâches d'édition, de relecture, de vérification des données, de hiérarchisation de l'info dont témoigne tout journal digne de ce nom, le montage des pages soient désormais assurés par l'IA ?  Faut-il accepter que les journalistes entraînent les IA qui supprimeront leurs emplois ?  Faut-il se résigner à des journaux sans journalistes ? 
02:04 - 02:07
Intervenant 2
Merci beaucoup, Madame la députée.  La parole est à Madame Catherine Pégard, ministre de la Culture. 

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