"Un passé ça se regarde, mais Jordan Bardella ne le fait pas" (Jonas Pardo)

2 octobre 2026

franceinfo

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Intervenant 3
On parle d'une conversation privée d'un jeune homme, alors 17 ans et quelques mois, 18 ans, bon bref.  Ça a le même retentissement que si c'était une expression publique d'un homme politique ? 
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Intervenant 5
Eh bien moi ce qui m'intéresse déjà c'est la nature des propos.  Donc évidemment on a mis beaucoup mieux en avant les banques sont toutes tenues par des Juifs, mais il y avait aussi sionisme et domination bancaire sont liés, ou encore ce que les Juifs veulent c'est un nouvel ordre mondial dominé par Israël avec Jérusalem comme capitale.  Donc on est vraiment dans le bon vieil antisémitisme d'extrême droite, celui des protocoles des sages de Sion, ce faux qui a été repris par les nazis et qui a été le moteur idéologique de la volonté exterminatrice des Juifs.  Et donc ça c'est le on peut dire le passé, mais aujourd'hui la réaction de Jordan Bardella interroge sur les changements qu'il aurait opérés puisqu'il ne plaide pas l'erreur de jeunesse.  J'ai envie de dire on peut s'être trompé, on peut avoir changé, on peut avoir compris. 

Mais un passé ça se regarde et pour être sûr qu'on a changé, il faut être en capacité d'expliquer qu'est-ce qui fait que à l'époque on pensait ceci et aujourd'hui et bien on pense autre chose, pourquoi on pense qu'on s'est trompé.  Et dernier élément important, c'est le fait qu'il y a une continuité en fait au-delà de Jordan Bardella.  C'est dans l'entourage du Rassemblement National des personnalités qui ont dit être mises de côté mais qui en fait sont toujours là.  Je pense notamment à Frédéric Chatillon qui et bien est le fondateur et l'animateur du mouvement néonazi GUD, Groupe Union Défense, qui est sur cette même ligne antisioniste conspirationniste que Jordan Bardella dont les propos de Jordan Bardella sont révélés par Mediapart.  Et celui-là il est jusqu'en 2024 au moins, si ce n'est plus, dans la société de communication e-Politic qui s'occupe des campagnes de Marine Le Pen. 

Donc c'est pas que Jordan Bardella.  C'est l'ensemble de la stratégie de communication qu'ils ont appelée dédiabolisation mais qui en fait est une stratégie de dissimulation.  Et on voit qu'elle fissure et qu'elle craque à travers tous ces sorties de candidats de seconde zone qui sont mis au rebut de manière on va dire stratégique.  Mais on voit bien qu'il y a un refoulement de cette question de l'antisémitisme parce qu'en réalité il est toujours au cœur du logiciel politique du Rassemblement National. 

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