Communication du Gouvernement

15 juillet 2025

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Intervenant 1
Madame et messieurs les ministres d'État, mesdames et messieurs les ministres, mesdames et messieurs les députés et sénateurs, mesdames et messieurs, il est des moments dans l'histoire des peuples où ils ont rendez-vous avec eux-mêmes et ce moment étant de cela.  Il ne s'agit plus de savoir seulement quelles sont nos exigences, quelles sont nos préférences, mais qui nous sommes.  Quel peuple formons-nous ? À quoi ce peuple croit-il ? De quel ciment est-il soudé ? Et quelle part chacun de nous, citoyennes et citoyens, est-il prêt à prendre à notre avenir collectif ? Alors je ne vais pas refaire, sur cette question des finances publiques, la longue histoire de notre étrange défaite, comme disait Marc Bloch, pour un autre temps.  Il y a plus de 50 ans que notre pays, tout courant politique confondu, n'a pas présenté un budget en équilibre.  50 années que nos dépenses publiques dépassent chaque année les recettes. 

Et peu à peu on s'est habitué à ce déficit et cette habitude du déficit a gagné aussi ce qui est invraisemblable, les budgets sociaux, santé et retraite qu'on devrait pourtant assumer ensemble chaque année.  Et les collectivités locales contribuent par leur dynamisme même aux besoins de financement public.  Or, le déficit en soi, ça n'existe pas.  Le déficit, c'est purement et simplement de la dette.  C'est comme ça dans toutes les familles, c'est comme ça dans toutes les associations, dans toutes les entreprises, ce qu'on dépense en plus de ses revenus, en plus de ses ressources, il faut l'emprunter. 

Alors encore faut-il savoir à quoi servent les sommes empruntées. Si dans votre famille vous avez de quoi boucler les fins de mois sans difficulté et que vous empruntez pour l'avenir, pour construire une maison ou pour investir dans un appartement ou dans de nouvelles technologies ou des équipements, tout va bien.  C'est normal, c'est un effort bien sûr, mais c'est un effort pour la famille, pour l'entreprise, c'est le développement, l'éternel mouvement des êtres humains qui permet d'avancer.  Et si vous êtes un État, vous empruntez pour construire des universités, des voies de chemin de fer ou des hôpitaux. Alors ce sont les générations qui viennent qui en profiteront autant que vous, il est donc normal qu'elles remboursent leur part des annuités, qu'elles assument une partie de la charge.  Mais si vous êtes tous les mois en déficit, si vous êtes obligé d'emprunter non pas pour investir dans une maison ou un équipement, mais pour payer les dépenses de tous les jours, et que tous les mois votre mensualité augmente, mois après mois vous vous asphyxiez et ça s'appelle le surendettement.  Tous les Français savent de quelle malédiction il s'agit. 

C'est une malédiction pour les familles, pour les entreprises et pour un pays, c'est la même chose.  Être obligé d'emprunter tous les mois pour payer les retraites ou payer les salaires des fonctionnaires, c'est une malédiction qui n'a pas d'issue.  Alors bien sûr, pendant longtemps, on ne voit pas le risque, on s'en accommode, on détourne les yeux, et puis un jour, on est rattrapé et on ne peut plus payer ce qu'on doit.  Alors c'est la crise, la vraie crise.  Votre pays est acculé, est traqué et vous ne pouvez plus éviter le piège. 

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