Interdiction de manifester : "On bascule dans un autre monde".

22 octobre 2026

RTL

00:00 - 00:55
Intervenant 3
J'ai toujours fait la différence entre ceux qui ont des revendications, que je les juge légitimes ou pas, et qui manifestent et qui ont le droit de manifester, et puis ceux qui profitent des manifestations, les professionnels de la violence ou les pillards et qui n'ont rien à voir avec les revendications sociales.  Et donc dans un monde idéal, je voudrais que les premiers puissent manifester sereinement et que les seconds soient empêchés de nuire.  Et là, il est vrai qu'il y a une confusion qui s'est opérée, qu'il y a eu un défaut de commandement samedi dernier de la part de la police, qu'il n'y avait pas suffisamment de policiers sur le terrain et qu'aujourd'hui l'État, malheureusement, a du mal à sécuriser les commerces et donc est contraint d'interdire les manifestations.  Je trouve ça regrettable, mais je fais aussi confiance par définition aux institutions en me disant que s'ils l'ont fait très provisoirement, c'est qu'ils ont peut-être aussi des renseignements qui leur permettent de dire que la sécurité ne sera pas assurée pour les manifestants. 
00:55 - 01:21
Intervenant 1
Ben je crois qu'on bascule dans un autre monde.  Vous avez cité la ville de Marseille, mais plus largement c'est les Bouches-du-Rhône, l'intégralité du département où on ne peut pas manifester.  On parle quand même de la deuxième ville de France.  Pas de transport, couvre-feu, couvre-feu y compris pour les majeurs, je crois, c'est à 2h30, 2h30 du matin si j'ai bien compris.  La mobilisation qui se passe depuis plusieurs semaines, c'est une mobilisation qui a des revendications politiques, ça a été rappelé, et y compris le chef de l'État lui-même a dit elles sont légitimes, qu'on les partage ou pas. 
01:22 - 01:50
Intervenant 2
Si vous voulez sortir de la crise dans laquelle on est, c'est des réponses politiques.  C'est pas en restreignant le droit de manifester.  Je rappelle quand même que dans ce pays, le droit de manifester c'est une liberté, c'est un droit fondamental et c'est à l'État de garantir l'exercice de la manifestation.  Et qui est le président pour dire qui est légitime ou pas pour déposer une manifestation ?  Si demain la Ligue des droits de l'homme, qui n'est pas un syndicat, dépose une manifestation, on va lui dire vous n'êtes pas légitime ? 

De quel droit le président s'arroge l'autorité de dire vous êtes légitime, vous oui, vous non ?  Ce n'est pas sérieux. 

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