Budget 2027 : qu'en pensent les économistes ?
21 octobre 2026
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Sommaire mis à jour le 21 oct. 2026
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Commission des finances Sénat
00:00 - 01:07
Intervenant 3
Je vous propose que nous débutions nos travaux avec cette table ronde. Madame, Monsieur, Madame le rapporteur général, chers collègues, nous recevons ce matin trois économistes pour la traditionnelle audition sur les perspectives de l'économie française et la situation des finances publiques. Comme nos trois invités participent pour la première fois à cet exercice particulier organisé chaque année en amont de l'examen du projet de loi de finances, une courte présentation s'impose. Madame Anne-Laure Kiechel, présidente fondatrice de Global Sovereign Advisory, est experte en restructuration de la dette souveraine, forte d'une expérience de vingt ans dans le domaine des marchés de dette et de capitaux chez Lehman Brothers puis Rothschild. Monsieur François Geerolf, ancien maître de conférences à l'Université de Californie à Los Angeles, est économiste à l'Institut français d'économie, qui est l'ex-OFCE, spécialiste de macroéconomie et fin connaisseur notamment de la construction de nos indicateurs statistiques.
01:08 - 03:39
Intervenant 4
Enfin, Monsieur Anthony Morlet-Lavidalie a suivi un parcours à la DG Trésor puis à la direction des études économiques de BNP Paribas avant de rejoindre en 2023 Rexecode, institut dont une vingtaine d'organisations professionnelles sont adhérentes et où il assure le suivi conjoncturel et les prévisions pour la France au sein du pôle conjoncture. Cette table ronde devrait nous permettre d'aborder tout à la fois la conjoncture, les interactions entre politiques budgétaire et monétaire ou encore, au regard des tensions récentes, les stratégies de financement de la dette. Nous avons reçu il y a quinze jours les ministres de l'économie et des comptes publics ainsi que la présidente du Haut Conseil des finances publiques. Cette dernière nous a alertés sur des prévisions optimistes du gouvernement s'agissant en premier lieu de la croissance, estimée à 1 %, alors que le consensus des économistes, sur lequel Rexecode est aligné, la voit plutôt à 0,7 %. L'Institut français d'économie s'attend même à 0,5 % à cause notamment d'un nouveau choc négatif de 0,4 point de PIB causé par la consolidation budgétaire.
Et malgré cet effort proposé dans le PLF, le déficit fait du surplace puisque le gouvernement se fixe pour objectif un déficit de 5 % du PIB en 2027 alors qu'il visait strictement la même cible pour 2026. C'est un jour sans fin qui s'explique notamment par la hausse de la charge de la dette, de 12 milliards d'euros en 2027 en comptabilité nationale, neutralisant une partie de l'effort. Le récent stress financier sur la dette française n'arrange évidemment rien et pourrait créer un cercle vicieux entre la dégradation des conditions d'emprunt et celle de la situation budgétaire, les deux s'alimentant mutuellement. Quelle ligne de crête pourrions-nous donc emprunter dans ce budget pour ne pas casser la croissance tout en évitant la mise en place d'un effet boule de neige de la dette qui aurait des effets plus délétères encore à moyen et à long terme ? Le Conseil d'analyse économique a réitéré son appel, lancé déjà les deux années passées, à ne pas repousser l'effort estimé à 125 milliards d'euros.
Mais un tel quantum est-il compatible avec une stratégie de sortie par le haut, c'est-à-dire par la croissance ? De l'impasse dans laquelle nous ont placés ces cinq dernières années de dérive des comptes et de décrochage de la croissance, nous laisse-t-il suffisamment d'espace pour financer nos dépenses d'avenir dans l'innovation, la transition, le numérique, l'éducation ?
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