Crise des lycées : audition de Jean-Michel Blanquer

28 octobre 2026

Commission de la culture, de l'éducation, de la communication et du sport Sénat

00:00 - 02:02
Intervenant 1
Mes chers collègues, je vais vous demander de prendre place.  Nous allons démarrer la commission.  Nous avons le plaisir d'accueillir ce matin Monsieur Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Éducation nationale de 2017 à 2022.  Monsieur le ministre, je vous remercie d'avoir accepté notre invitation.  Peu de ministres ont exercé des fonctions aussi longtemps, surtout en ce moment, que vous depuis un certain temps et vous avez conduit des réformes structurantes. 

Votre regard est donc particulièrement précieux pour notre commission dans ce contexte actuel.  Depuis plus d'un mois, de nombreux lycéens se mobilisent pour exprimer leur malaise.  Je l'ai dit et je le redis, rien ne justifie les violences et les dégradations qui ont émaillé ce mouvement.  Mais lorsqu'elles s'expriment pacifiquement, les préoccupations des lycéens méritent d'être entendues.  Elles portent sur l'état des bâtiments, le remplacement des professeurs absents, la pression scolaire, les emplois du temps et Parcoursup. 

Deux de ces sujets sont directement liés à des réformes que vous avez portées, celle du lycée et du baccalauréat et Parcoursup, c'est pourquoi il nous a semblé utile de vous entendre.  Sur la réforme des lycées entrée en vigueur à la rentrée 2019, cette réforme poursuivait une ambition claire : sortir de la hiérarchie implicite des séries, permettre aux élèves de construire un parcours à leur image et mieux préparer leur entrée dans l'enseignement supérieur.  Dans la voie générale, les séries S, ES et L ont laissé place à un tronc commun et à des enseignements de spécialité, trois en première, deux en terminale.  Le contrôle continu est entré dans le baccalauréat à hauteur de 40 % de la note finale.  Cette liberté de choix a toutefois eu des effets sur l'organisation des établissements. 

Dès la rentrée 2019, plus de 400 combinaisons de spécialités ont été choisies par les élèves.  Avec les spécialités, les élèves d'une même classe se dispersent dans de nombreux groupes.  Selon la direction de l'évaluation du ministère, ils avaient en moyenne affaire à 18 professeurs différents en 2018 contre 30 en 2020.  Et pour les établissements, faire tenir toutes ces combinaisons dans un emploi du temps cohérent est devenu un véritable casse-tête.  C'est aujourd'hui l'une des principales préoccupations des lycéens. 

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