Quelle stratégie de financement de la dette ?
20 octobre 2026
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Sommaire mis à jour le 20 oct. 2026
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Commission des finances Sénat
00:01 - 00:35
Intervenant 2
Bien, mes chers collègues, bonjour à tous. Merci de votre présence. Cet après-midi, nous auditionnons Monsieur Antoine Deruennes, qui est directeur général de l'Agence France Trésor, sur la stratégie de financement de la dette publique. Bien, Monsieur le directeur général, Madame la rapporteure générale, Monsieur le rapporteur spécial de la mission Engagements financiers de l'État, chers collègues. Nous avons le plaisir de recevoir cet après-midi Monsieur Antoine Deruennes, directeur général de l'Agence France Trésor, pour un échange sur les enjeux associés à l'évolution de la dette publique et la stratégie mise en œuvre par l'AFT pour son financement.
00:36 - 03:06
Intervenant 3
C'est la troisième fois en trois ans que notre commission a l'occasion de vous entendre, Monsieur le directeur général. Nous vous avions auditionné une première fois en mars 2024 pour une présentation de la stratégie d'émission de dette de l'État alors que la charge d'intérêt commençait à remonter après une période de taux historiquement bas. Vous aviez également participé à la table ronde organisée par notre commission en février 2025 consacrée aux différents modes de financement envisageables pour la dette publique. Si votre parole n'est donc pas nouvelle dans notre commission, votre audition aujourd'hui revêt une importance toute particulière alors que nous débutons l'examen du PLF pour 2027. Il n'aura en effet échappé à personne que les conditions de financement sur les marchés obligataires souverains se sont fortement durcies depuis le début de l'année 2026 avec une hausse généralisée des taux d'intérêt.
Deux chocs macroéconomiques ont particulièrement affecté les conditions d'emprunt des États dans le monde entier. D'une part, le choc géopolitique associé au conflit au Moyen-Orient, qui s'est traduit par une envolée des prix de l'énergie et, en réaction à ce rebond inflationniste, une remontée des taux d'intérêt directeurs des principales banques centrales, pardon. D'autre part, semble-t-il, le choc d'investissement lié à la course à l'intelligence artificielle, qui s'est accompagné d'un endettement accru de la part des grandes entreprises technologiques. D'autres facteurs sont également à l'œuvre, tels que les inquiétudes suscitées par le niveau d'endettement élevé des États-Unis ou encore la politique de réduction du bilan de la BCE, qui implique qu'une part plus importante de l'offre d'obligations d'État doit être absorbée par les investisseurs privés. Monsieur le directeur général, vous pourrez nous partager votre appréciation concernant le poids de ces différents éléments explicatifs.
Plus spécifiquement, cette hausse généralisée des taux d'intérêt présente-t-elle un caractère davantage conjoncturel ou structurel ? Dans ce contexte financier tendu, la situation de la France apparaît particulièrement vulnérable avec un creusement du spread par rapport à l'Allemagne à près de 140 points de base, un écart de taux inédit depuis la crise de la zone euro en 2011. Plus largement, avec un taux des obligations assimilables du Trésor à 10 ans qui approche la barre des 5 %, nous empruntons aujourd'hui à un niveau du taux d'intérêt supérieur à l'immense majorité de nos voisins de la zone euro. Alors que la France devrait emprunter sur les marchés la somme record de 340 milliards d'euros en 2027, quelle est votre analyse sur l'évolution des conditions de financement de l'État ? Existe-t-il un risque d'effet boule de neige ?
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