Généalogie des éléments de langage

La bataille du vocabulaire écologique

Sur l'écologie, le vocabulaire circule dans les deux sens : la gauche et la société civile fournissent les mots (« planification écologique », « sobriété énergétique », « écocide »), que l'exécutif capture — Emmanuel Macron reprend la formule insoumise au meeting de Marseille du 16 avril 2022 — et transforme en nomenclature d'État ; en retour, le centre et l'exécutif forgent les contre-formules (« écologie punitive », « écoterrorisme », « pause réglementaire ») dont le Rassemblement national devient le premier utilisateur après juillet 2022. Entre les deux, la formule présidentielle de crise « fin de l'abondance » ne survit au Palais-Bourbon que comme munition retournée contre son auteur : 14 de ses 15 occurrences viennent des oppositions.

De la niche LFI à la capture présidentielle
1 746 jours
Entre le premier usage de « planification écologique » à l'Assemblée (Adrien Quatennens, LFI, 5 juillet 2017) et le meeting de Marseille d'Emmanuel Macron (16 avril 2022).
Une formule qui explose après sa capture
95 %
949 des 1 001 occurrences de « planification écologique » sont postérieures à avril 2022 ; pic en octobre 2024 avec 114 occurrences.
L'importation la plus rapide du sujet
3 jours
« Écoterrorisme », lancé par Gérald Darmanin le 30 octobre 2022 après la manifestation de Sainte-Soline contre les mégabassines, entre en commission des lois le 2 novembre — approuvé par Éric Ciotti (LR), contesté deux fois dans la même séance par Thomas Portes (LFI). Dans le corpus entier, seuls « les emmerder » (entré le jour même de l'interview présidentielle, Sébastien Jumel, 4 janvier 2022) et « premiers de cordée » (48 heures après son lancement télévisé du 15 octobre 2017) sont entrés plus vite.
« Écologie punitive », arme de la droite nationale
77 %
Part du RN et de son allié UDR dans les usages de 2023 à 2026 rattachés à un bloc politique (102 sur 132), contre zéro usage RN avant le 13 juillet 2022 ; la formule était entrée au Palais-Bourbon par le centre (Bruno Millienne, MoDem, 25 juillet 2017).

Le corpus met à nu une mécanique de capture en deux temps — un camp forge un mot, le camp adverse le reprend tel quel et en fait son programme. « Planification écologique » entre à l'Assemblée le 5 juillet 2017 par la voix d'Adrien Quatennens (LFI) et vit 1 746 jours en vase clos insoumis : de 2017 à 2021, la gauche assure de 80 % (8 usages sur 10 en 2021) à 100 % des usages annuels rattachés à un bloc politique, et la première incursion macroniste est une moquerie — le 6 décembre 2018, François de Rugy renvoie la formule au programme LFI pour la réduire à une machine à impôts : « Votre Haut-Commissariat à la planification écologique planifiera aussi les hausses d'impôt qui permettront de financer ce programme » —, suivie de rares usages épars, dont un soutien de Marie Lebec (LREM) le 8 mars 2021. Puis vient le meeting de Marseille du 16 avril 2022, où Emmanuel Macron reprend la formule à son compte (« la politique que je mènerai … sera la planification écologique ») : 81 jours plus tard, la Première ministre Élisabeth Borne la porte en séance publique (« Le Président de la République m'a chargée de la planification écologique », 6 juillet 2022), le ministre Christophe Béchu suit en commission le 13 septembre, puis les communistes (Nicolas Sansu, 4 octobre), Horizons (Anne-Cécile Violland, 12 octobre), LR (Marie-Christine Dalloz, 26 octobre), le RN enfin le 18 janvier 2023, et le reste de l'hémicycle courant 2023. Résultat : 949 des 1 001 occurrences du corpus (95 %) sont postérieures au meeting de Marseille. Le même schéma, plus lent, vaut pour « sobriété énergétique » : née dans le corpus le 7 mars 2018 chez Loïc Prud'homme (LFI), contestée par la majorité dès le 13 mars 2018 (Jean-Jacques Bridey, LREM, lui préfère « la performance énergétique »), elle devient doctrine d'État à l'automne 2022 — et la ministre Agnès Pannier-Runacher reconnaît elle-même, le 5 octobre 2022, avoir travaillé avec négaWatt et le Réseau action climat sur le plan de sobriété : l'origine militante avouée depuis le banc du gouvernement.

En face, les contre-formules suivent la pente inverse : nées au centre, elles finissent à l'extrême droite. « Écologie punitive » entre dans le corpus le 25 juillet 2017 par Bruno Millienne (MoDem), qui l'emploie sans avoir à la définir (« Tout comme l'écologie punitive, le changement des pratiques agricoles à marche forcée ne peut être productif »), et Nicolas Hulot constate dès le 3 octobre 2017 que « l'expression « écologie punitive » a été employée de manière répétée » ; jusqu'en 2021, elle appartient pour l'essentiel au bloc central et à LR. À partir du 13 juillet 2022 (Kévin Mauvieux : « Arrêtez donc, avec cette écologie punitive ! »), le RN s'en fait le porte-voix dominant : 77 % des usages rattachés à un bloc politique entre 2023 et 2026 (102 sur 132), contre zéro usage RN avant cette date. « Écoterrorisme » réussit l'importation la plus rapide du sujet : lancé par Gérald Darmanin le 30 octobre 2022 contre les manifestants de Sainte-Soline, il est approuvé en commission des lois par Éric Ciotti trois jours plus tard — et contesté deux fois dans la même séance par Thomas Portes (LFI : « Allez-vous retirer le terme d'écoterrorisme pour qualifier ces mobilisations de militants écologistes ? »). Dans le corpus entier, seuls « les emmerder » — entré le jour même de l'interview de Macron au Parisien (Sébastien Jumel, 4 janvier 2022) — et « premiers de cordée » — importé quarante-huit heures après son lancement télévisé du 15 octobre 2017 (Olivier Faure, 17 octobre) — ont fait mieux. Quant à la « pause réglementaire » d'Emmanuel Macron (11 mai 2023), le corpus lui découvre un ancêtre : la « pause normative » du ministre Jacques Mézard, le 27 septembre 2017, soit 2 052 jours plus tôt — la même formule servait alors la simplification administrative pour les collectivités, avant de désigner en 2023 le freinage des normes environnementales. Le corpus établit cette antériorité ; il ne peut pas dire si la formule de 2023 est un emprunt ou une réinvention.

La mécanique de diffusion est remarquablement stable : tout naît et s'incube en commission — 801 des 1 001 occurrences de « planification écologique » (80 %), 354 des 403 de « sobriété énergétique » (88 %) —, la séance publique vient ensuite, et les questions au gouvernement restent marginales (6 occurrences sur 1 001 pour la première). Surtout, l'ironie est le premier vecteur d'importation : la « pause réglementaire » entre à l'Assemblée six jours après le discours présidentiel, mais par ses adversaires — le 17 mai 2023, Sophia Chikirou (LFI) rapporte la formule pour l'instruire à charge (« Le Président appelle à une pause réglementaire en matière environnementale »), Marie Pochon (Écologistes) et Aymeric Caron (LFI) la citent dans la même séance, le ministre Olivier Becht défendant. La « fin de l'abondance » arrive au Palais-Bourbon 33 jours après le Conseil des ministres du 24 août 2022, détournée par Laure Lavalette (RN) contre l'immigration, puis vit en boomerang insoumis — Manuel Bompard, en plein débat budgétaire : « J'avais cru comprendre que c'était la fin de l'abondance… » (26 octobre 2022) — avec un seul usage gouvernemental sincère sur 15 occurrences entre septembre 2022 et mai 2026 : Christophe Béchu, le 21 novembre 2023, qui reprend la formule à son compte, sans guillemets, pour parler de la sécheresse. Même « la fin du mois et la fin du monde » — slogan aux racines écolo-syndicales des années 1970, popularisé pendant les gilets jaunes fin novembre 2018 — suit ce chemin paradoxal : c'est le Premier ministre Édouard Philippe qui l'importe dans l'hémicycle, le 9 avril 2019, en restituant le grand débat national, sur le mode défensif du « ne pas opposer ».

Aucune de ces formules ne meurt : elles se fossilisent — elles cessent d'être des arguments pour devenir des étiquettes administratives ou des routines de gestion. « Planification écologique » finit en nomenclature d'État — secrétariat général (SGPE), ligne budgétaire du PLF, jusqu'au titre officiel du Premier ministre « chargé de la planification écologique et énergétique », lu 39 fois en séance par Yaël Braun-Pivet dans la seule année 2025 — pendant que LFI retourne son propre mot contre le gouvernement : Sophia Chikirou lui reproche, le 4 octobre 2023, de refuser « l'idée même d'une planification écologique dotée d'un agenda, d'un budget, d'une stratégie globale », et en 2026 (année partielle : le corpus s'arrête au 2 juillet), la gauche reprend 81 % des usages rattachés à un bloc (34 sur 42). « Sobriété énergétique » retombe de 174 occurrences en 2022 à 98 en 2023 puis 35 en 2024 : un mot de crise qui refroidit en routine. « Écocide », porté à l'Assemblée dès le 3 octobre 2017 au crédit de la juriste Valérie Cabanes, puis par la proposition de loi socialiste de Christophe Bouillon débattue 207 jours avant la Convention citoyenne, se fige en catégorie juridique — le « délit » de la loi Climat contre le « crime » réclamé — puis essaime en adjectif (l'A69, « véritable symbole des écocides à ciel ouvert », Karen Erodi, LFI, 27 novembre 2024). Et l'étalon consensuel « transition écologique » (7 559 occurrences, 763 orateurs identifiés) révèle en creux la seule abstention durable du corpus : le RN l'évite presque totalement — aucun orateur RN parmi les 45 citations relues une à une par notre audit, et jamais plus de 5,5 % des usages annuels rattachés à un bloc (2026).

Les formules, une à une

« planification écologique »

formule pivot 1 001 occurrences · 2017-07-05 → 2026-07-01

Naissance publique : 2008-11-01 — Jean-Luc Mélenchon. Théorisée au Parti de Gauche (2008-2010), au programme de LFI dès 2017 ; capturée par Macron le 16 avril 2022 à Marseille (« la politique que je mènerai … sera la planification écologique »).

25 502019202120232025 capture

Diffusion par groupe (ordre des lignes = ordre d'adoption après la naissance publique · plus foncé = usage plus intense)

2019202120232025LFI Renaissance Écologistes Socialistes Gouvernement GDR / Communistes Horizons LR RN MoDem LIOT UDI / Agir UDR

À qui appartient la formule ? (parts semestrielles de la parole attribuée)

gauche bloc central LR droite nationale gouvernement
2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024 2025 2026

La généalogie attendue — Mélenchon théorise la formule dès 2008 au Parti de gauche, hors corpus — est confirmée trait pour trait : les quinze premières occurrences (5 juillet 2017 – 24 octobre 2018) sont toutes insoumises (Quatennens, Obono, Prud'homme, Panot, Bernalicis) et toutes prononcées en commission, et de 2017 à 2021 la formule ne dépasse jamais 15 occurrences par an, portée à 80-100 % par la gauche (part des usages annuels rattachés à un bloc). Le premier écho macroniste de cette période est ironique : le 6 décembre 2018, François de Rugy raille le « Haut-Commissariat à la planification écologique » du programme LFI en le réduisant à une machine à impôts (citation ci-après) — suivi de rares usages épars, dont un soutien de Marie Lebec (LREM), qui salue le 8 mars 2021 « des mesures puissantes d'orientation et de planification écologiques ». Après le meeting de Marseille du 16 avril 2022 — où Emmanuel Macron fait sienne la formule : « la politique que je mènerai … sera la planification écologique » —, la cascade est spectaculaire : Élisabeth Borne en séance publique dès le 6 juillet 2022 (« Le Président de la République m'a chargée de la planification écologique »), Christophe Béchu au banc du gouvernement en commission le 13 septembre, puis les communistes (Nicolas Sansu, 4 octobre), Horizons (Anne-Cécile Violland, 12 octobre), LR (Marie-Christine Dalloz, 26 octobre), et le RN le 18 janvier 2023 (Alexandre Loubet interrogeant le secrétaire général à la planification écologique) — pendant que Dominique Potier (Socialistes) acte publiquement, dès le 13 septembre 2022, le transfert de propriété.

La fin de l'histoire n'est pas une extinction mais une fossilisation administrative — le mot cesse d'être un argument pour devenir un intitulé : SGPE, action budgétaire du PLF, « conseil de planification écologique », jusqu'au titre officiel du Premier ministre « chargé de la planification écologique et énergétique », lu en séance par Yaël Braun-Pivet à chaque passage de parole (39 occurrences du titre protocolaire dans la seule année 2025) — le mot d'opposition devenu protocole. Pendant ce temps, LFI garde la formule mais en accusation : Sophia Chikirou reproche au gouvernement, le 4 octobre 2023, de refuser « l'idée même d'une planification écologique dotée d'un agenda, d'un budget, d'une stratégie globale », et Manon Meunier chiffre, le 15 octobre 2024, « 670 millions d'euros en moins dans le budget de l'agriculture pour la planification écologique ». En 2026 — année partielle, le corpus s'arrêtant au 2 juillet —, la boucle se referme : la gauche reprend 81 % des usages rattachés à un bloc (34 sur 42), cette fois pour instruire le procès du mot confisqué.

« Votre Haut-Commissariat à la planification écologique planifiera aussi les hausses d'impôt qui permettront de financer ce programme. »

François de Rugy (Renaissance) — 2018-12-06, Commission

« Il ne faudrait pas tourner en dérision la planification écologique qui a été évoquée par un mouvement politique chez nous et repris par le Président de la République. »

Dominique Potier (Socialistes) — 2022-09-13, Commission

« sobriété énergétique »

formule pivot 403 occurrences · 2018-03-07 → 2026-07-01

Naissance publique : 2022-10-06 — Gouvernement Borne. Plan de sobriété énergétique présenté après l'invasion de l'Ukraine — « sobriété » passe de l'écologie militante à la doctrine d'État.

50 1002019202120232025 naissance

Diffusion par groupe (ordre des lignes = ordre d'adoption après la naissance publique · plus foncé = usage plus intense)

2019202120232025LFI Renaissance LR Écologistes GDR / Communistes Horizons RN Socialistes Gouvernement MoDem LIOT Non inscrits UDI / Agir

À qui appartient la formule ? (parts semestrielles de la parole attribuée)

gauche bloc central LR droite nationale gouvernement
2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024 2025 2026

Le plan Borne du 6 octobre 2022 n'est pas la naissance de la formule : dans le corpus, elle circule dès le 7 mars 2018 (Loïc Prud'homme, LFI, en commission du développement durable), soit 1 674 jours avant la doctrine d'État. Alexis Corbière tente même de l'inscrire dans la loi de programmation militaire le 13 mars 2018 — et le même jour, le président de la commission de la défense Jean-Jacques Bridey (LREM) résiste explicitement au mot, lui préférant « la performance énergétique ». Édouard Philippe l'emploie pourtant dès sa déclaration de politique générale du 12 juin 2019 (« Il nous faut inventer un modèle économique où la sobriété énergétique, les transports propres, la saine alimentation, le recyclage progressent beaucoup plus vite que le taux de croissance ») : l'adoption gouvernementale précède de trois ans la consécration de 2022.

L'automne 2022 est un embrasement plus qu'une naissance : 174 occurrences dans l'année (contre 34 cumulées de 2018 à 2021), pic absolu en octobre 2022 (73 occurrences), et onze familles politiques — de LR (Jean-Pierre Vigier, 13 septembre) au RN (Antoine Villedieu, 5 octobre) — prononcent la formule entre le 13 septembre et le 5 octobre 2022. Le corpus enregistre alors deux mouvements croisés : la ministre Pannier-Runacher créditant négaWatt et le Réseau action climat comme partenaires de travail du plan — l'aveu de la filiation militante — et la gauche reprenant aussitôt le mot pour le retourner : Sébastien Jumel (GDR) note dès le 11 octobre 2022 que la ministre « ne parle plus de « pauvres » mais de « gens à sobriété subie » », Jean-Victor Castor (communiste, Guyane) rappelle le 5 octobre 2022, depuis les outre-mer : « la sobriété énergétique, nous la connaissons et la vivons depuis des dizaines d'années », et Jean-Paul Lecoq (communiste) réclame encore, le 10 avril 2025, « une sobriété choisie et non subie ». Après la crise, le mot refroidit — 98 occurrences en 2023, 35 en 2024, léger rebond à 43 en 2025 — sans mourir : il s'est banalisé en vocabulaire de gestion et essaime vers d'autres ressources, l'eau en tête (« la sobriété en matière d'eau diffère de la sobriété énergétique », Christophe Béchu, 3 mai 2023).

« Pourquoi donc envisager de prendre en compte la performance énergétique – expression que je préfère à celle de « sobriété énergétique » – de ces seuls bateaux et non de tous les autres équipements, qu'ils soient maritimes, aériens ou terrestres ? »

Jean-Jacques Bridey (Renaissance) — 2018-03-13, Commission

« Je vous renvoie aux travaux de l'association négaWatt et du Réseau action climat, avec lesquels nous avons travaillé sur le plan de sobriété énergétique. »

Agnès Pannier-Runacher (Renaissance) — 2022-10-05, Commission

« fin du mois / fin du monde »

formule pivot 14 occurrences · 2019-04-09 → 2026-05-12

Naissance publique : 2018-11-22 — popularisée pendant les gilets jaunes. « Fin du monde, fin du mois, même combat » — slogan aux racines écolo-syndicales (années 1970), devenu l'axe du débat écologie/pouvoir d'achat fin 2018.

1 22019202120232025 naissance

Diffusion par groupe (ordre des lignes = ordre d'adoption après la naissance publique · plus foncé = usage plus intense)

2019202120232025Socialistes LFI

Le slogan des ronds-points entre à l'Assemblée par la porte la plus inattendue : celle de l'exécutif. Le 9 avril 2019 — 138 jours après la naissance publique retenue par notre chronologie (22 novembre 2018, au cœur du mouvement des gilets jaunes ; « fin du monde, fin du mois, même combat » a des racines écolo-syndicales remontant aux années 1970) —, c'est le Premier ministre Édouard Philippe qui le prononce en séance publique, en restituant le grand débat national, sur le mode défensif du « ne pas opposer ». En 2019, le gouvernement et la majorité dominent l'usage (Philippe, Brune Poirson les 19 et 20 novembre, Marjolaine Meynier-Millefert le 5 juin), rejoints par Dominique Potier (Socialistes, 6 juin) et Damien Abad (10 octobre — alors LR, étiqueté Renaissance par le registre du corpus). À gauche, Potier l'emploie favorablement dès cette période (« ceux qui ont des problèmes de fin de mois se préoccupent aussi de la fin du monde ! », 30 septembre 2020), mais le slogan n'est cité mot pour mot qu'à partir de 2021 : un représentant syndical en table ronde le 26 février 2021, puis Aurélie Trouvé (LFI) le 15 novembre 2022. Le RN arrive en dernier, pour l'inverser : « On ne s'inquiète pas de la fin du monde prévue par les sapiteurs lorsqu'on a peur de la fin du mois ! » (Emmanuel Blairy, 5 octobre 2022), puis, en 2025, une intervention attribuée à Marine Le Pen (attribution non confirmée par le corpus) où la « fin du monde » devient une « culpabilité » infligée aux familles.

Avec 14 occurrences sur les neuf années du corpus (juillet 2017 – juillet 2026), jamais en questions au gouvernement, c'est un mot de la rue que le Parlement manie avec des pincettes — mais sa grammaire est d'une netteté rare : le camp gouvernemental refuse d'« opposer », la gauche dit « même combat », l'extrême droite oppose. Une même formule, trois usages irréconciliables.

« Les Français, nos compatriotes, nous ont dit qu'ils étaient prêts à changer de comportements, mais qu'ils ne voulaient pas être pris au piège et qu'ils ne voulaient pas opposer la fin du mois et la fin du monde. »

Édouard Philippe — 2019-04-09, Séance publique

« Chacun connaît le slogan : « Fin du monde, fin du mois : même combat ! ». »

Aurélie Trouvé (LFI) — 2022-11-15, Commission

« écologie punitive »

contre-formule 264 occurrences · 2017-07-25 → 2026-07-01

Naissance publique : 2008-03-01 — droite/centre (généalogie ancienne). Attesté dès 2008 ; popularisé par Ségolène Royal en 2014 (« l'écologie punitive »), devenu l'arme anti-normes de la droite.

5 102019202120232025

Diffusion par groupe (ordre des lignes = ordre d'adoption après la naissance publique · plus foncé = usage plus intense)

2019202120232025MoDem Renaissance LR GDR / Communistes Socialistes Non inscrits RN Écologistes Gouvernement UDR

À qui appartient la formule ? (parts semestrielles de la parole attribuée)

gauche bloc central LR droite nationale gouvernement
2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024 2025 2026

Née bien avant le corpus (attestée en 2008, popularisée par Ségolène Royal en 2014), la formule ouvre la législature déjà mûre : premier usage le 25 juillet 2017 par Bruno Millienne (MoDem), en audition de Nicolas Hulot, qui l'emploie comme une évidence, sans avoir à la définir — « Tout comme l'écologie punitive, le changement des pratiques agricoles à marche forcée ne peut être productif » —, et dès le 3 octobre 2017 le ministre Hulot constate en séance que l'expression « a été employée de manière répétée ». De 2017 à 2021, elle est l'arme du bloc central et de LR contre les normes — au point que la gauche l'emploie surtout pour s'en défendre : « Il ne s'agit pas d'une forme d'écologie punitive », plaide Christophe Bouillon (Socialistes) le 27 novembre 2019 en commission des lois, le jour même où sa proposition de loi sur le crime d'écocide y est examinée ; même désaveu défensif relevé par l'audit chez Elsa Faucillon (communiste, 2019), Christine Arrighi (Écologistes, 2022) et Eva Sas (2024). Le signe qu'un cadre a gagné, c'est que ses adversaires parlent dedans.

La bascule de propriété est la plus nette du corpus : le RN s'en empare dès le 13 juillet 2022 (Kévin Mauvieux : « Arrêtez donc, avec cette écologie punitive ! ») et en fait sa signature — 62 % des usages rattachés à un bloc en 2022 (8 sur 13), 83 % en 2023 (29 sur 35), 77 % sur 2023-2026 (102 sur 132) ; l'audit des citations postérieures à 2022 compte neuf orateurs RN distincts (Meurin, de Fournas, Salmon, Guiniot, Renault, Humbert, Tanguy, Casterman, Dutremble). Le théâtre change aussi : jusqu'en 2022, la formule vit en commission (43 prises de parole sur 50) ; à partir de 2023, la séance publique et les questions au gouvernement l'emportent (113 sur 210). Le sommet institutionnel est atteint le 4 avril 2023, quand la formule entre dans l'ordre du jour officiel de l'Assemblée, lu au perchoir par Valérie Rabault. En 2025, sa meilleure année (89 occurrences), elle sert de trophée politique : Matthias Renault (RN) proclame en séance, le 3 juin 2025 : « Ces 4 défaites de l'écologie punitive, ce sont 4 victoires politiques du Rassemblement national » (verbatim issu de la retranscription vidéo, attribution non confirmée par le corpus).

« L'expression « écologie punitive » a été employée de manière répétée. »

Nicolas Hulot — 2017-10-03, Séance publique

« L'ordre du jour appelle le débat sur l'impact de l'écologie punitive sur l'inflation et le pouvoir d'achat. »

Valérie Rabault (Socialistes) — 2023-04-04, Séance publique

« écocide »

formule pivot 316 occurrences · 2017-10-03 → 2026-06-24

Naissance publique : 2020-06-21 — Convention citoyenne pour le climat. La CCC vote la création d'un « crime d'écocide » ; le gouvernement le rétrograde en « délit » dans la loi Climat 2021.

50 1002019202120232025 naissance

Diffusion par groupe (ordre des lignes = ordre d'adoption après la naissance publique · plus foncé = usage plus intense)

2019202120232025Socialistes Renaissance MoDem LIOT LFI LR Gouvernement GDR / Communistes Non inscrits Écologistes

La Convention citoyenne pour le climat (21 juin 2020) n'est pas l'origine du mot au Parlement : « écocide » y entre le 3 octobre 2017 par Paul-André Colombani, qui crédite explicitement la juriste Valérie Cabanes — la formule remonte du militantisme juridique vers l'Assemblée, 992 jours avant le vote de la CCC. Les vrais pionniers parlementaires sont les socialistes : Dominique Potier, puis surtout la proposition de loi de Christophe Bouillon sur le « crime d'écocide », débattue le 27 novembre 2019 en commission des lois puis le 12 décembre en séance — 207 jours avant la Convention. La CCC est un amplificateur, pas un géniteur.

Le pic — 116 occurrences en mars 2021, l'intensité mensuelle la plus forte du sujet hors l'étalon « transition écologique » (devant les 114 d'octobre 2024 de « planification écologique ») — correspond à une bataille métalinguistique unique dans le corpus : la loi Climat rétrograde le « crime » réclamé par la Convention en simple « délit », et le débat porte sur le mot lui-même. Le garde des sceaux Éric Dupond-Moretti assume le choix des mots dès le 24 novembre 2020 : « Nous n'avons pas qualifié l'écocide de crime car le terme est fort » ; le 15 mars 2021, Cécile Untermaier (Socialistes) constate : « On dirait adieu à l'écocide ». Après 2021, le mot ne meurt pas : il se fige en catégorie juridique contestée et essaime en adjectif militant — l'orpaillage en Guyane (« l'écocide que constitue le pillage des ressources aurifères de la Guyane », Gabriel Serville, 15 février 2021), les entreprises « qui causent des écocides » chez Sandrine Rousseau (1er février 2023), jusqu'à l'A69 « véritable symbole des écocides à ciel ouvert » (Karen Erodi, LFI, 27 novembre 2024) — un vocabulaire resté propriété de la gauche, que le bloc central n'a guère manié que pour le requalifier (crime → délit).

« La reconnaissance du crime d'écocide, prôné par Mme Valérie Cabanes, va dans le même sens. »

Paul-André Colombani (Non inscrits) — 2017-10-03, Séance publique

« Nous avons également imaginé une infraction aggravée, que nous appellerons écocide, visant les comportements volontaires ayant causé un dommage irréversible. »

Éric Dupond-Moretti (Gouvernement) — 2020-11-24, Commission

« écoterrorisme »

contre-formule 50 occurrences · 2022-11-02 → 2026-06-30

Naissance publique : 2022-10-30 — Gérald Darmanin. Au lendemain de Sainte-Soline : « l'écoterrorisme » pour qualifier les opposants aux mégabassines.

2.5 52019202120232025 naissance

Diffusion par groupe (ordre des lignes = ordre d'adoption après la naissance publique · plus foncé = usage plus intense)

2019202120232025LFI LR Écologistes RN

C'est la seule formule du sujet sans aucun passé parlementaire : zéro occurrence avant le 30 octobre 2022, pas même au vieux sens sécuritaire américain, absent du corpus. Trois jours après la sortie de Gérald Darmanin qualifiant d'« écoterrorisme » la manifestation de Sainte-Soline contre les mégabassines, le mot entre en commission des lois — non par le ministre, mais par Éric Ciotti (LR) qui l'approuve, aussitôt contesté deux fois dans la même séance par Thomas Portes (LFI : « Allez-vous retirer le terme d'écoterrorisme pour qualifier ces mobilisations de militants écologistes ? »). Le mot naît donc à l'Assemblée déjà en controverse, jamais comme vocabulaire neutre.

Sa vie parlementaire est paradoxale : sur les 34 prises de parole dont l'orateur est rattaché à un groupe (16 autres restent non attribuées), 25 viennent de ses adversaires — LFI (15), Écologistes (8), Socialistes (1), communistes (1) —, qui le citent entre guillemets ou en réquisitoire : « Vous les avez tous traités d'écoterroristes », lance Anne Stambach-Terrenoir (LFI) le 4 mars 2025. L'adoption sincère reste cantonnée au RN — Laurent Jacobelli après Sainte-Soline : « un week-end qui a révélé le danger de l'écoterrorisme » (29 mars 2023) — et à LR (Ciotti). Le corpus enregistre même son retournement en cadre réutilisable : dès le 9 novembre 2022, Mathilde Panot l'applique à TotalEnergies devant son PDG. Un mot-projectile qui ne s'est jamais normalisé : 50 occurrences entre novembre 2022 et juin 2026.

« Et vous avez eu raison de parler d'écoterrorisme. »

Éric Ciotti (LR) — 2022-11-02, Commission

« Monsieur Pouyanné, vous savez, le seul avantage avec les écoterroristes de la trempe de TotalEnergies est qu'ils nous donnent l'embarras du choix en matière de questions, tant les comptes à rendre sont nombreux. »

Mathilde Panot (LFI) — 2022-11-09, Commission

« pause réglementaire »

contre-formule 23 occurrences · 2017-09-27 → 2026-02-04

Naissance publique : 2023-05-11 — Emmanuel Macron. Devant des industriels : demande d'une « pause réglementaire européenne » sur les normes environnementales.

2.5 52019202120232025 naissance

Diffusion par groupe (ordre des lignes = ordre d'adoption après la naissance publique · plus foncé = usage plus intense)

2019202120232025UDI / Agir Écologistes LFI RN

Le corpus révèle un ancêtre que la chronologie officielle ignore : le 27 septembre 2017, le ministre Jacques Mézard défendait déjà une « pause normative » — le vieux discours de simplification des normes pour les collectivités —, 2 052 jours avant que Macron ne réclame, le 11 mai 2023 devant des industriels, une « pause réglementaire européenne » visant cette fois les normes environnementales ; le corpus établit l'antériorité, pas la filiation. L'importation à l'Assemblée est fulgurante — six jours — mais à fronts renversés : le 17 mai 2023, ce sont Sophia Chikirou (LFI : « Le Président appelle à une pause réglementaire en matière environnementale »), Marie Pochon (Écologistes) et Aymeric Caron (LFI, demandant au ministre « si vous approuvez ou si vous vous opposez à la pause réglementaire européenne en matière de normes environnementales prônée par Emmanuel Macron ») qui citent le président pour l'accabler, le ministre Olivier Becht répondant dans la même séance (« Cela m'amène à la pause réglementaire, Madame Chikirou »). Le RN suit en une semaine — Michel Guiniot, 24 mai 2023 : « Le 12 mai, le président de la République a appelé à une pause réglementaire européenne pour permettre la réindustrialisation de la France », en décalant au passage la date d'un jour — puis fusionne la formule avec son propre lexique : Alexandre Loubet réclame, le 24 octobre 2024, une « pause réglementaire par la fin de l'écologie punitive ».

La formule vit ensuite presque exclusivement au discours rapporté (« le président de la République a appelé à… ») et en commission — elle n'atteint la séance publique que le 6 janvier 2026 — et migre de l'environnement vers le logement (Philippe Lottiaux, RN, 19 juillet 2023), les collectivités (« Nous aimerions aussi qu'une pause normative puisse être mise en place pour les trois années », Jean-Léonce Dupont, audition du 3 avril 2024), puis le lexique ordinaire des acteurs auditionnés — la formule revient à quatre reprises, chez des intervenants non identifiés d'une même table ronde sur le financement de l'économie circulaire, le 5 novembre 2025 (« il faut faire une pause réglementaire ») —, où elle fusionne avec l'agenda européen de « simplification ». Avec 23 occurrences seulement, c'est moins un mot adopté qu'une pièce à conviction : le 4 février 2026 encore, un orateur (non identifié par le corpus) oppose à l'ambition climatique le choix de « réclamer, comme Emmanuel Macron en 2023, une pause réglementaire européenne sur les normes environnementales ».

« J'ai parlé de « pause normative » : nous ne reviendrons pas pour autant sur ce qui a déjà été voté, mais le Gouvernement entend éviter d'instaurer toute nouvelle norme et souhaite simplifier, dans la mesure du possible, les normes existantes. »

Jacques Mézard — 2017-09-27, Commission

« Votre candidature à la direction générale de l'OFB arrive à un moment majeur pour l'écologie qui, un temps tenue pour une nécessité impérieuse sous un mandat qui sera « écologique ou ne sera pas », doit maintenant observer une « pause réglementaire » parce qu'elle menacerait notre économie – sans parler de la proposition de loi sur la « ferme France » et les accusations d'écoterrorisme. »

Marie Pochon (Écologistes) — 2023-05-17, Commission

« fin de l'abondance »

successeur 15 occurrences · 2022-09-26 → 2026-05-04

Naissance publique : 2022-08-24 — Emmanuel Macron. Conseil des ministres de rentrée : « la fin de l'abondance et de l'insouciance » — bascule du quoi qu'il en coûte vers l'austérité.

2.5 52019202120232025 naissance

Diffusion par groupe (ordre des lignes = ordre d'adoption après la naissance publique · plus foncé = usage plus intense)

2019202120232025Écologistes LFI

Formule authentiquement présidentielle — aucune trace dans le corpus avant le Conseil des ministres du 24 août 2022 —, elle connaît le destin le plus cruel du sujet : son premier porteur à l'Assemblée n'est pas la majorité mais le RN, 33 jours plus tard, quand Laure Lavalette la détourne contre l'immigration. Suivent les Écologistes (Eva Sas, 5 octobre 2022 : « Nous avons bien pris note des récentes déclarations présidentielles sur la fin de l'abondance ») puis une rafale insoumise dans les débats budgétaires de l'automne 2022 — Bompard à trois reprises (26 octobre et 2 décembre), Ruffin, Legrain. La formule vit en boomerang, presque toujours au discours rapporté ou entre guillemets — « on entendait dire que c'était la fin de l'abondance » (Bompard), les termes « qu'on entend beaucoup » (Legrain) —, retournée contre son auteur, et s'éteint pratiquement après février 2023 : au-delà de Mélanie Thomin (Socialistes, 1er février 2023), le corpus n'enregistre que trois échos tardifs (Peytavie, 18 octobre 2023 ; Béchu, 21 novembre 2023 ; Lachaud, 4 mai 2026).

Le chiffre décisif : sur 15 occurrences entre septembre 2022 et mai 2026, une seule vient du banc du gouvernement — Christophe Béchu, le 21 novembre 2023, qui la reprend à son compte, sans guillemets ni référence au président, pour parler de la sécheresse et de l'eau. La majorité n'a jamais repris le mot de son président en séance : un élément de langage élyséen que le Parlement n'a conservé que comme munition.

« Bref, la fin de l'abondance pour nos compatriotes, c'est non ; la fin de l'opulence que vous offrez à ceux venus d'ailleurs, c'est oui ! »

Laure Lavalette (RN) — 2022-09-26, Commission

« Monsieur Lefèvre, je n'ai pas dit que c'était l'abondance, mais qu'on entendait dire que c'était la fin de l'abondance. »

Manuel Bompard (LFI) — 2022-10-26, Commission

« transition écologique »

étalon 7 559 occurrences · 2017-07-04 → 2026-07-02

Naissance publique : 2017-05-17 — (vocabulaire installé). Étalon de fond : le terme consensuel que les formules marquées viennent concurrencer. Nom du ministère — les mentions du titre ministériel sont exclues.

100 2002019202120232025

Diffusion par groupe (ordre des lignes = ordre d'adoption après la naissance publique · plus foncé = usage plus intense)

2019202120232025Socialistes GDR / Communistes Gouvernement LR Renaissance LFI MoDem Autres UDI / Agir Non inscrits LIOT Écologistes RN Horizons UDR

L'étalon du sujet : 7 559 occurrences, 763 orateurs identifiés par leur nom, un vocabulaire installé dès la toute première séance du corpus — Édouard Philippe l'emploie trois fois dans sa déclaration de politique générale du 4 juillet 2017, Boris Vallaud (Socialistes) le même jour, le communiste Jean-Paul Dufrègne le lendemain. Pas de naissance, pas d'introducteur : le mot consensuel que toutes les formules marquées du sujet viennent concurrencer ou attaquer. Une précaution de lecture : l'Ademe rebaptisée « Agence de la transition écologique » en 2020 et les titres institutionnels gonflent mécaniquement les décomptes bruts des dernières années.

Deux signaux dans ce bruit de fond. D'abord un creux : le RN évite presque totalement le terme — aucun orateur RN parmi les 45 citations tirées au sort et relues par notre audit, une part de la droite nationale (RN et UDR) qui ne dépasse jamais 5,5 % des usages annuels rattachés à un bloc (2,8 % en 2022, année de sa première prise de parole, 5,5 % en 2026), et une première adoption (Julien Odoul, 27 juillet 2022) qui est en réalité un pivot pour changer de sujet. Ensuite un glissement : en 2024, la gauche dépasse le bloc central dans l'usage du mot (42 % contre 39 % des usages rattachés à un bloc), et l'écart se creuse ensuite (44 % contre 29 % sur l'année 2026 partielle), de plus en plus souvent sur le mode du reproche — Lisa Belluco (Écologistes) dénonce le 16 octobre 2024 un budget qui « renonce tout bonnement à financer la transition écologique », Cyrielle Chatelain déplore une transition « toujours la première sacrifiée sur l'autel de l'austérité » (14 janvier 2025) — et l'ironie gagne jusqu'au bloc central, Blandine Brocard (MoDem) réclamant en questions au gouvernement la transition « dans les faits et non dans les discours » (7 mai 2025, attribution non confirmée par le corpus). Le consensus lexical demeure, mais il a changé de fonction : d'un programme partagé, il est devenu un point de comparaison pour mesurer les renoncements.

« Vous avez beaucoup parlé de la transition écologique, mais j'aimerais, pour ma part, évoquer la transition républicaine dans le sport. »

Julien Odoul (RN) — 2022-07-27, Commission

« La transition écologique est toujours la première sacrifiée sur l'autel de l'austérité. »

Cyrielle Chatelain (Écologistes) — 2025-01-14, Séance publique